Frictions (incertitudes au combat)

Napoléon se retire de Moscou, Adolf Northern

Napoléon se retire de Moscou, Adolf Northern

Selon Clausewitz, le hasard est l’un des quatre composants de l’atmosphère de la guerre. Dans De la guerre, il écrit que « la friction est ce qui fait la différence entre la guerre réelle et la guerre sur le papier« . L’armée est un instrument qui semble facile à manier, mais elle est constituée de groupes, de sous groupes, eux mêmes composés d’individus, « dont chacun comporte son potentiel de frictions multiples », en ce qui concerne le facteur humain de l’incertitude. N’importe quel incident insignifiant, qui n’aurait jamais été pris en compte sur le papier ou lors de la préparation, peut très bien immobiliser une armée, ou la faire dévier de son but. Il suffit qu’une armée soit retenue ici, et qu’une autre arrive en retard, et une bataille est perdue. C’est très souvent arrivé dans des cas de mauvais temps, la météo étant l’une des principales causes d’incertitude. La friction « n’est pas concentrée en quelques points », mais elle est au contraire « partout en contact avec le hasard », ce qui la rend impossible à quantifier, et inutile à théoriser. Elle est riche de petits détails compliqués, son approche et son appréhension sont assimilables à un « sens presque tactile« , qui ne s’acquiert que par la pratique et l’expérience.

C’est tellement vrai que Clausewitz compare le « théoricien au maître nageur qui fait exécuter sur la terre ferme des mouvements qui ont l’air grotesques et exagérés si l’on ne pense pas qu’ils doivent être exécuté dans l’eau ».

Rappelez vous que « plus la planification est détaillée, plus sa réalisation diverge de ses objectifs » ( Tactique théorique, Général Yakovleff ), car selon Von Moltke « le plan est la première victime de la guerre« .

Pour conclure avec les frictions, on peut en dire que c’est, à la guerre, ce qui rend difficile ce qui semblait facile. C’est ce qui est à l’origine des écarts entre ce qui est prévu et ce qui est réalisé.

Publicités

Une réflexion sur “Frictions (incertitudes au combat)

  1. Bonjour,
    Je ne pense pas qu’il faille confondre le hasard et l’incertitude. Clausewitz ne me semble pas parler, mais de l’incertitude. Le hasard c’est la loterie. L’incertitude c’est le train qui peut arriver « un peu en retard », ce qui est différent. De même, nous ne devons pas confondre « incertitude » et « friction » qui sont deux points bien distincts. Qu’une troupe soit bonne ou mauvaise ne change rien si le commandement le sait. S’il ne le sait pas, il est dans l’incertitude. Ceci étant, une troupe, bonne ou mauvaise, mais dont au moins le commandement connait les compétences, peut très bien réagir de façons différentes à ce qui était espéré, par exemple pour cause de mauvaise transmission radio, perturbant la réception des ordres. Dans ce cas, ce n’est pas de l’incertitude: c’est de la friction.

    Cordialement
    PL Lamballais

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s