La surprise (tactique)

Attaque soudaine, Vassili Vassilievitch Verechtchaguine

L’un des grands objectifs du général consiste à obtenir le surnombre au point crucial, ce qui explique l’utilisation de manoeuvres comme le débordement et la percée, vus dans l’article précédent. La surprise est le principal outil du chef de guerre pour obtenir le surnombre à ce fameux point crucial, cette faille, comme une ouverture dans la garde de l’ennemi. Il nous faut perdre nos idées préconçues qui pourraient nous faire penser que la surprise est réservée au domaine de l’attaque, car elle s’applique tout autant au cadre défensif.

Outre l’obtention du surnombre, la surprise engendre de lourds effets psychologiques et moraux sur les troupes ennemies. Le Général Yakovleff nous interpelle sur une autre idée reçue, qui nous dit que la surprise est instantanée. Elle s’inscrit en réalité dans le temps, il ne suffit pas à l’ennemi de comprendre ce qu’il se passe pour que la surprise soit levée. C’est en cela que la surprise est destructrice et recherchée par les chefs de guerre.

Le Général Yakovleff distingue trois niveaux de surprises (Tactique théorique):

-La surprise tactique: Elle donne un « avantage initial » sur l’adversaire, mais celui-ci peut se remettre, si il a « survécu au premier choc », si il « dispose de réserves », etc

-La surprise décisive: Elle « pulvérise le plan et toutes les dispositions prises (par l’ennemi), mais à laquelle (il) peut éventuellement survivre pour offrir un tout nouveau combat ».

-La surprise morale: « Celle ayant un impact tellement fort sur le moral de l’adversaire qu’il en est totalement tétanisé ». Même si il lui reste des ressources et des troupes à lancer dans la bataille, « il est tellement anéanti » qu’il les utilisera mal, voir pas du tout.

La surprise peut être atténuée si elle avait auparavant été jugée probable, ou simplement évoquée, même si elle n’a pas été prise en compte dans le plan ennemi. Elle est en revanche très forte si « elle surgit du néant« , si elle n’était même pas venue à l’esprit de l’ennemi. Ses effets dépendent aussi bien sûr de « la flexibilité d’une unité, sa fluidité, sa vitesse d’exécution » et de sa « force morale ». L’entraînement reste le meilleur moyen de se prémunir contre ses effets, même si c’est le chef qui est « la victime désignée de la surprise ». En cas de surprise majeure, l’histoire préconise même « le remplacement immédiat du chef surpris« , celui-ci ayant tendance à vouloir se refaire une réputation ou se venger. Son remplaçant,  portant un regard tout à fait différent sur le champ de bataille, devient ainsi un nouveau facteur de surprise.

Toujours dans Tactique théorique, le Général Yakovleff publie une étude de statistiques concernant les combats de 1945 à 1989 (81 batailles); qui démontre que « l’obtention de la surprise réduit les pertes de moitié », alors que subir l’effet de surprise double ou triple le taux de pertes.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s