La guerre du Péloponnèse: contexte et résumé

 

Bref résumé du contexte politique et militaire:         

Carte du Péloponnèse

Carte du Péloponnèse

  

Il est tout d’abord nécessaire de savoir que cette guerre opposa les cités d’Athènes, visible au nord-est de la carte, et Sparte, au sud du Péloponnèse. Tout oppose Athènes et Sparte, la première étant une démocratie et une puissance marchande, dotée d’une incroyable flotte de guerre;  la seconde étant une oligarchie, avec un nombre limité de citoyens qui vivaient au crochet de leurs Hilotes, des populations asservies par les Spartiates et dont ils étaient totalement dépendants. Sparte était réputée pour l’efficacité de ses fantassins.        

Ces cités se harcèlent l’une et l’autre durant la première moitié du Vème siècle av. J.-C., et décident en 446 av. J.-C. de conclure une paix de 30 ans. Cette paix sera brisée 15 ans plus tard, en 441 av. J.-C., avec l’éclatement de la guerre du Péloponnèse. Cette guerre est provoquée lors du soulèvement de Corcyre, une cité sous la tutelle de Corynthe, qui est soutenue par Athènes. Ce renversement empêche Mégare de commercer (à l’ouest de l’Attica sur la carte). C’est ainsi que Corynthe et Mégare demandèrent de l’aide à Sparte, qui se laissa convaincre et entra en guerre contre Athènes.        

Sparte et ses alliés étaient incontestablement plus puissants d’Athènes, les chiffres parlent d’eux mêmes: 40 000 hoplites pour Sparte et environ 13 000  du côté d’Athènes. La cité démocrate allait devoir se distinguer sur les mers, grâce a sa puissante flotte, avantage majeur qu’elle avait sur Sparte.       

L’organisation des troupes:        

Il faut savoir que les guerres qui opposaient les grecs suivaient des règles et des tactiques qui, de nos jours, peuvent paraître étranges et inefficaces. Les combats ne se déroulaient que sur de vastes plaines, tout simplement parce que le soldat type de l’époque est l’hoplite. Ces hoplites sont lourdement armés, et il est impossible de les manoeuvrer en terrain accidenté. C’est donc sur les plaines entourant les cités que combattaient les grecs. Les combats se voulaient décisifs et uniques, car la plupart des soldats étaient paysans, et devaient retrouver leurs terres lors des récoltes. Les armées se déplaçaient entre cités par de petits chemins de terre, ceux qu’empruntaient les bergers avec leurs troupeaux.  On voyait donc défiler des milliers d’hommes sans pour autant chercher à exploiter cette faiblesse passagère, en déployant des contingents de fantassins légers pour harceler les hoplites désavantagés par le terrain accidenté. Cette attitude est explicable par le fait que les cités grecques considéraient les armées professionnelles comme un danger pour elles-mêmes. En effet les hoplites étaient tous des citoyens qui possédaient leur propre matériel de guerre, une armée professionnelle signifierait des troupes entraînées, encadrées par des officiers compétents et surtout équipées en armes par la cité. Qui dit stock d’armes dit danger pour la cité. Du moins, c’était à l’époque le point de vue des grecs.
        

La phalange grecque

La phalange grecque

  

Les hoplites étaient organisés en phalanges, des formations compactes de huit ou douze rangs de profondeur et plus ou moins douze de largeur suivant les époques. Les hoplites étaient équipés d’une lance tenue en main droite pouvant mesurer jusqu’à six mètres de long. Durant la guerre du Péloponnèse, ces lances mesuraient le plus souvent quatre mètres, et se tenaient au dessus de la tête, pour attaquer de haut en bas lors du choc, mais de futures modifications seront apportées et les lances, devenues trop lourdes, se porteront sous le bras. Au bras gauche, ces soldats portaient un bouclier rond qui couvrait son flanc gauche et le flanc droit de son voisin. C’est pour cela d’ailleurs que les phalanges avaient tendance à se décaler légèrement sur leur droite pendant la marche, chaque hoplite cherchant à se couvrir sous le bouclier de son voisin. Les trois rangs composés des vétérans et des soldats d’élite était situés aux deux premiers rangs, pour encourager les novices au combat, et au dernier, pour les empêcher de fuir.      

Les troupes légères étaient considérées comme inférieures et n’ayant pas la noblesse des hoplites, elles étaient souvent composées des esclaves personnels des soldats. Ces voltigeurs pratiquaient une méthode de harcèlement par armes de jet sur les flancs ennemis.

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6 réflexions sur “La guerre du Péloponnèse: contexte et résumé

  1. Bonjour.

    Je trouve ce site intéressant.
    Est-ce que les grecs (Qu’ils soient d’Asie Mineure, de Spartes ou d’Athènes) ont « inventé » la stratégie militaire ?
    Je sais que les romains ont « copié » sur les grecs mais est-ce qu’il existait déjà avant des formations militaires propres à d’autres civilisations ?
    Est-ce que des recueils militaires existaient déjà à cette époque ?

    • Je sais qu’entre -1674 et -1548, des combats rangés et des troupes en formations étaient déjà employées en Egypte, lors de l’invasion des Hyksôs. Ces peuples d’Asie Mineure engageaient déjà des troupes séparées en divers corps, comme l’infanterie lourde et légère, la cavalerie et les chars. Il est possible qu’il y en ait eu bien longtemps avant, du reste j’avoue ne pas être un grand passionné de guerres aussi anciennes, même si elles ont certainement un enseignement à nous apporter. Je dois avouer que ce blog à une vocation surtout tactique, et que sans écrits, une étude tactique devient impossible. C’est pour cela que l’historien de guerre le plus ancien que je connaisse reste Thucydide. Peut-être qu’un visiteur nous éclairera de ses connaissances en la matière.

  2. VOus êtes sûr pour les lances de 4m? Il me semblait qu’elles faisaient environ 2m seulement. Les deux phalanges arrivent au contact l’une de l’autre, les rangs de derrière poussant ceux de devant. Les hoplites, tout en poussant, donnent des coups dans les jambes ou les bras de leurs adversaires. La bataille s’arrête au moment ou une phalange se disloque sous la poussée. Les combattants tentent alors de s’enfuir, sous peine d’être piétinés ou embrochés par l’adversaire qui est toujours en formation et dispose de la protection des hoplons.

    Idem pour les plaines: il me semblait avoir lu que les combats ont souvent lieu dans des plaine assez refermées, pour éviter les enveloppements.

    • Bonjour. Au sujet des lances, ou doru, la taille a beaucoup varié et surtout à cette époque. Cependant, la hampe de ces lances variait entre 2,50 et 3,50 mètres. On en trouve bien sûr de plus longues, mais elles ne font pas référence. Il faut ajouter à ceci la pointe, ou aichme, en forme de feuille de saule, avec une crête centrale en renfort. Sa longueur restait constante à environ 25 centimètres. Et enfin il faut ajouter le bas de la lance, le sarouter, qui servait à achever les ennemis au sol. Elle était la plupart du temps en bronze, et mesurait environ 20 centimètres. C’est pour ça qu’il est écrit dans l’article qu’elle mesurait environ 4 mètres. Mais je précise tout de même que rien n’est sûr. Après tout certains historiens pensent que la phalange était rompue et que les hoplites chargaient au pas de course. On ne peut donc rien affirmer, mais c’est selon les connaissances actuelles que mes articles sont rédigés.

      Les combats quant à eux se déroulaient sur de grandes plaines, capables d’acceuillir les armées des protagonistes.

      J’espère avoir répondu à vos interrogations.

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