L’insurgé moderne (dit « innovant »): vers une guerre de réseaux. Deuxième partie: En quoi cet insurgé est-il différent?

Il n’est plus étatique, mais « non » ou « post » étatique, il se reconnaît dans un référent identitaire (religieux, partisan, clanique,…).

La structure de ses effectifs est nouvelle, ses différentes cellules sont autonomes et n’ont pas de réel leader charismatique. Sans véritable centre de gravité, la décapitation d’une cellule n’a peu ou pas d’effet sur l’ensemble du système. De plus, une cellule n’est composée que de quelques membres, une dizaine en moyenne, et passe inaperçue dans la masse populaire. La guérilla telle que nous la connaissions n’existe pus (ou presque plus si on considère les organisations « de type FARC »).

Dans ces conditions, l’infiltration d’agents de renseignement dans leurs rangs est très compliquée, voire impossible. Autre avantage d’une telle structure: le Faible peut passer sa journée, caché dans la masse, à observer les faits et gestes du Fort, de manière à mieux connaître son mode de fonctionnement et ses failles, sans pour autant éveiller les soupçons.

En effet, le « front et l’arrière se mélangent tout comme civils et combattants ». La haute technologie n’est plus d’aucun secours lorsqu’on ne peut reconnaître clairement l’ennemi dans une situation de combat urbain en présence de civils. « Situations de guerre et de paix s’imbriquent l’une dans l’autre » et dans ce contexte, savoir ne suffit plus, il faut comprendre les populations locales, leur culture et interagir avec eux intelligemment, éviter tout geste ou parole localement considéré comme offense ou provocation.

L’urbanisation des conflits doit être abordée comme un fait qui « gomme en partie la suprématie technologique du Fort sur le Faible », comme un rééquilibrage du rapport de force. « L’action se déplace au milieu des populations dont il faut s’occuper, qu’il faut nourrir, soigner », ce qui détourne des moyens et des effectifs des tâches du combat.

Voilà donc qui est cet insurgé « innovant », créateur de structures nouvelles, en totale opposition avec les précédentes doctrines de guérilla (Le Vietcong par exemple, composé de compagnies de plusieurs centaines d’hommes et ne visant que le contact avec l’ennemi, dans une pensée plus rude et plus guerrière. Son objectif était la victoire militaire par le harcèlement. Le nouvel insurgé, lui, vise la non-victoire de l’adversaire par l’usure et la manipulation médiatique). Il exploite les faiblesses de son ennemi, et réduit l’avantage technologique de ce dernier. La structure nouvelle de ces systèmes a forcé et forcera encore l’Occident à changer sa doctrine d’engagement, tant au niveau stratégique qu’au niveau du simple soldat qui a besoin d’une formation adaptée à ces conflits d’une nouvelle génération.

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