Nouveauté: sondages


Bonsoir à tous et bienvenue si il s’agit de votre première visite.

Dans le but de rendre ce blog toujours plus interactif, le nouvel espace lecteur (voir l’onglet en haut a droite) sera aussi consacré aux sondages, que je lancerai de temps à autre. Vous pouvez à tout moment voter et donner votre avis dans ces sondages et je vous invite même fortement à le faire, la première vocation de ce blog étant de vous plaire!

A vos bulletins et à bientôt!

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La bataille d’Austerlitz


 

 

La bataille d’Austerlitz, ou bataille « des Trois empereurs », est l’une des plus grandes et des plus fameuses victoires napoléoniennes. Elle marque les esprits depuis plus de 200 ans, et nous allons tenter de redécouvrir pourquoi.

Résumé du contexte:

L’Angleterre craignait un débarquement sur ces côtes depuis Boulogne, où Napoléon avait massé ses troupes. Elle forma donc une nouvelle coalition (la troisième) pour déjouer les plans français. C’est ainsi que l’Angleterre, la Russie et l’Autriche s’allièrent pour défaire les troupes de Bonaparte. Apprenant cela, et sachant parfaitement qu’un débarquement en Angleterre nécessitait une supériorité navale qu’il n’avait pas (même avant Trafalgar), Napoléon quitta Boulogne le 3 septembre 1805 pour rallier la Bavière. Son armée passa le Rhin le 15. Les troupes autrichiennes, dirigées par Mack, sont encerclées a Ulm et se rendent en grande majorité le 20 octobre. Nous y reviendront peut-être dans un autre article.

Napoléon continua son avancée et décida de marcher sur Vienne, qui n’était pas défendue, car les troupes ennemies s’étaient massées sur les hauteurs près d’Olmütz. Leurs positions étaient sûres et leurs lignes de communications très bien établies. Napoléon, avançant en territoire ennemi, voyait les siennes s’amoindrir à vue d’oeil, et des troupes autrichiennes revenant d’Italie étaient en route vers lui. Ces renforts, sans compter le renforcement de l’ennemi jour après jour sur ses positions, firent comprendre à Napoléon qu’il lui fallait une victoire décisive le plus rapidement possible. Impossible d’attaquer les coalisés sur leurs positions. Napoléon usa de ruses pour faire comprendre a l’ennemi qu’il était en difficulté et très affaibli, notamment en proposant un faux armistice ou en abandonnant ostensiblement le plateau de Pratzen.

Le premier décembre 1805, les troupes françaises se positionnent à 10 kilometres de la petite ville d’Austerlitz, devant le plateau de Pratzen.

Ordre de bataille avant le combat:

La bataille d'Austerlitz, 2 décembre 1805

La bataille d’Austerlitz, 2 décembre 1805

J’ai des copies de trois cartes manuscrites datant du lendemain de la bataille, et la carte ci-dessus s’en approche beaucoup. C’est donc a partir de celle-ci que nous allons faire notre étude.

Les troupes françaises:

L’armée comptait environ 73 000 hommes et 140 canons (voir l’article Wikipédia dans les sources pour la disposition exacte, article très précis). Le flanc gauche français est positionné le long de la route de Brünn-Olmütz et son flanc droit sur les lacs a proximité de Telnitz, le tout devant le plateau de Pratzen. Napoléon se sait en infériorité numérique et ne peut attaquer l’ennemi sur ses positions (plateau de Pratzen); il décide donc de livrer une bataille de type défensif. En plus de tous les subterfuges diplomatiques dont il a usé pour tromper l’ennemi, Napoléon feint une faiblesse évidente sur son aile droite, près des lacs. Il espère ainsi une attaque alliée sur son flanc droit. Napoléon prépare son piège.

Les troupes alliées:

L’armée alliée compte 85 000 hommes et 278 canons. Basée sur les hauteurs de Pratzen, elle a l’avantage du terrain, en plus de la supériorité numérique. Mais les subterfuges de l’Empereur ayant fait effet, le plan du commandement allié est de frapper l’aile droite, en passant par le défilé de Sokolnitz et de Kobelnitz, pour contourner l’aile française. De plus, de la fumée et des bruits la nuit du 1er décembre avait persuadé les alliés que Napoléon affaiblissait son centre et sa droite pour renforcer sa gauche. En verité, c’était presque le parfait contraire. Le plan consistait a une attaque en 5 colonnes (et non 4 comme on le lit souvent), commandées dans l’ordre par  Dochtorow (ou Doctorov), Langeron, Przybyszewsky, Kollowrat et le Prince Jean Liechtenstein ( Les cinq avaient le grade de lieutenant général). Les alliés misaient le sort entier de la bataille sur la rapidité de leur attaque sur la gauche française.

 Le déroulement de la bataille:

L’assaut commence à 7h00 par l’envoi de la première colonne sur Telnitz, qui sera défendue grâce à la relève de Davout. Le corps de Kienmayer, dont la mission consistait à couvrir la première colonne, est repoussé par deux fois. Une brèche est percée et le village est à portée de fusil. Après plus d’une heure de combat, la première colonne n’est toujours pas arrivée et les deux tiers des troupes alliées engagées sont tuées ou blessées. Les français défendent avec acharnement ce village, qui était protégé par un retranchement naturel qui l’entourait. Lorsque la première colonne fut en vue, des renforts furent envoyés et le village fut pris. Mais à peine la bataille commençait qu’un retard conséquent avait déjà été accumulé. Le village fut repris par des renforts de Davoust puis abandoné une autre fois après l’attaque de la première colonne au complet. Emportées dans leur élan, les colonnes marchèrent sans aucun arrêt sur Sokolnitz, qui fut pris sans grande peine.

Pendant ce temps, Napoléon, qui avait observé l’attaque ennemie telle qu’il l’avait prévu, dirigea son centre et sa gauche sur la droite et le centre ennemi, dégarnis du fait de la concentration de troupes alliées sur la droite française. Pratzen et ses troupes avaient été laissés sans défense ou presque. Soult, avec les divisions Vandamme et Saint -Hilaire, se dirigea sur Pratzen pendant que Bernadotte frappe plus au nord, avec sur sa gauche la cavalerie du Prince Murat. La surprise est totale. Malgré son infériorité numérique, l’armée française se retrouve au point décisif de la bataille avec presque deux hommes contre un.

Ce centre totalement isolé et la gauche sensée servir de diversion ne font pas le poids face à l’offensive de près de 25 000 hommes sur leurs positions. Cependant les alliés ne se laissèrent pas démonter, et la quatrième colonne commandée par Kollowrat et soutenue par Alexandre Ier de Russie, tint un moment l’attaque française en échec, mais fut finalement repoussée après un combat de deux heures sur les hauteurs de Pratzen. Il y eu une tentative de contournement de l’offensive par la droite (donc sur sa gauche) par le Prince Bagration et le Général Uwarow, mais elle fut stoppée puis repoussée par le Maréchal Lannes. Mais cela a tout de même empêché un débordement des troupes françaises sur le flanc droit allié.

L’un des actes qui marquèrent le plus la tentative de resistance austro-russe est la contre-attaque du feld marechal Koutouzov (un grand merci à Schnuffel pour ces informations), qui est l’un des premiers à realiser l’attaque francaise sur le centre allié. Il avait compris que les hauteurs de Pratzen étaient les positions essentielles à la victoire non seulement pour leur dominance sur le reste du theâtre, mais aussi parcqu’elles seules pouvaient assurer la couverture de la troisième colonne, qui était encore en route vers Telnitz comme prévu, comme si le coup de Napoléon n’avait en rien changé le cours de la bataille. En effet Koutouzov (quatrième colonne), en voyant la defaite iminente des forces alliées, décide de jeter toute sa reserve dans la bataille: 4000 fantassins foncent vers les troupes de Joseph (frère aîné de Napoléon) avec une mauvaise estimation de la distance des sous-officers. Ces troupes arrivent face à l’ennemi essouflées et le combat ne dure que très peu de temps avant que les troupes légères de Joseph ne les defassent. Les fantassins de la garde russe se retirent en désordre et Joseph commet l’erreur de poursuivre les fuyards, pensant pouvoir exploiter cette victoire locale et la rendre décisive. Il en faut plus à Koutousov qui profite du fait que l’ennemi ai rompu sa formation pour lancer la cavalerie lourde (appartenant au corp du Prince Jean Liechtenstein). Les troupes francaises sont prises de court et sans formation, la cavalerie taille les rangs malgré une résistance acharnée. Koutouzov prendra le drapeau du régiment, qui sera d’ailleur le seul pris aux francais et Napoléon sera furieux de cet échec. Cet acte isolé n’est pas représentatif de toute la bataille, mais témoigne de l’acharnement des troupes alliées, et surtout des russes.

Buste Koutouzov, musée de l'artillerie de Saint-Petersbourg

Buste Koutouzov, musée de l’artillerie de Saint-Petersbourg

La retraite alliée ne fut pas massivement poursuivie et exploitée car les français attendaient de connaître le dénouement des combats sur leur gauche. En effet il ne faut pas oublier que les trois premières colonnes alliées lancées à l’assaut de Telnitz et Sokolnitz y sont toujours. La deuxième et la troisième colonne avaient été laissées dans Sokolnitz, car lors de l’assaut de la ville les deux corps se sont croisés, ce qui a provoqué une grande confusion. La troisième se rendra plus tard, et les débris de la deuxième se joindront a la retraite de la première, qui avait manoeuvré vers Aujest. Ils battent en retraite en tout début d’après midi mais à 14h00 Napoléon donne l’ordre de couper leur retraite.

Dochtorow, Langeron et Przybyszewsky se retrouvèrent le dos au mur, poursuivis par les français. Ils perdirent environ 4000 hommes (tués, blessés ou fait prisonniers) ainsi que leurs canons, et de nombreux fuyards se jetèrent dans les lacs gelés et y moururent. Le reste des troupes rallia Hodiegitz, là ou se trouvait le gros des troupes qui avaient battus en retraite depuis Pratzen.

Bilan:

Les pertes alliées s’élèvent à plus de 16 000 tués et blessés, 11 000 prisonniers, 45 couleurs régimentaires et 180 canons pris (fondus pour la colonne Vendôme).

Les pertes françaises ne dépassent pas les 1300 morts, 7000 blessés et 600 prisonniers.

La victoire, dans les chiffres comme dans les faits, est totale.

Le prochain article sera une très brève explication des erreurs et succès de cette grande bataille.

Sources:

http://www.mapacartografico.com/                                                                                                                                                                                                                                     

Napoléon. Richard Holmes (éditions Gründ)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d%27Austerlitz

La bataille d’Austerlitz,  par un militaire. Général major Stutterheim (édition juillet 1806)

La guerre du Nord (1700-1721), Charles XII à Narva.


 

Guerre du Nord: bref résumé   

La Guerre du Nord est la seconde guerre de ce qu’on appelle les guerres nordiques. Cette guerre opposa la Suède, dirigée par Charles XII, à une coalition comprenant initialement la Russie, le Danemark et la Pologne. L’une des principales causes de cette guerre était l’accès à la Baltique, qui ouvre une porte sur l’Europe, et permet le contrôle des échanges est-ouest. Dans le but de se protéger de cette union anti-Suède, Charles XII  frappe le Danemark, et force Frederick IV de Danemark à signer la paix dès la première année de la guerre. Il balaya la Pologne et plaça sur le trône de Pologne un candidat dont il était sûr qu’il servira ses idéaux: Stanislas Leszczyński. C’est a ce moment qu’il se tourne vers la Russie, et c’est à Narva que va encore s’illustrer Charles XII roi de Suède. C’est là le sujet de notre article. 

La bataille de Narva: prélude   

Nous sommes le 20 Novembre 1700, près de Narva, dans le nord-est de l’actuelle Estonie. Les troupes russes assiègent la ville depuis plusieurs mois déjà lorsque Charles XII arrive avec environ 8 000 hommes et seulement 10 pièces d’artillerie ( contre environ 35 000 hommes et 145 canons pour les forces russes en présence).Une décision s’impose car des renforts russes sont en route vers Narva. Le siège russe était classique, avec un retranchement autour de la ville, et un autre pour se prémunir contre une éventuelle arrivée de renfort suédois. Les troupes russes étaient donc confinées dans le mince intervalle entre les deux lignes de fortification. Ce dispositif est idéal en cas d’infériorité numérique, car obtenir la supériorité en un point suffit à percer une brèche et à obtenir un avantage décisif. Charles XII le sait et va agir en conséquence.  

La bataille de Narva: le combat   

Charles XII renonce aux techniques conventionnelles de formation en lignes, et divise son armée en deux colonnes sensées percuter la clé de voûte du dispositif de défense ennemis. La grande partie de la cavalerie couvre les flancs de l’infanterie. Les premières lignes sont composées de grenadiers, suivis par les troupes armées de mousquets ( il était prévu de ne tirer qu’une seule et unique salve puis de lancer une charge au corps a corps). A 14h00, la charge est lancée…  

Narva 1750

Narva 1750

Je n’ai pas réussi à trouver une carte valable de la bataille alors en voilà une qui date de 1750, la disposition de la forteresse reste sensiblement la même. 

Les retranchements russes entouraient la ville et Charles XII, dès que la brèche est percée, envoie sa réserve de cavalerie bloquer toute voie de retraite par le pont. L’armée russe est totalement surprise par l’attaque, couverte par un blizzard et un épais brouillard qui d’ailleurs joue un grand rôle dans le facteur psychologique de l’adversaire, qui ne se sait pas en telle supériorité numérique. Beaucoup de fuyards se noient dans le fleuve et d’autres tentent de résister dans des retranchements improvisés, mais a 2h00 de 21 novembre, l’armée se rend à Charles XII. 

Le bilan de cette bataille s’eleve a plus de 15 000 tués chez les russes, contre un peu moins de 700 suédois. C’est une victoire totale, qui fait encore rêver plus d’un officier et qui fait marque dans l’histoire. Charles XII a encore une fois révélé son incroyable talent de chef de guerre.

Suggestions pour le prochain article???


Je suis actuellement en Russie et je reviens le 23. J’ai quelques idees pour mes prochaines publications mais j’aimerais « l’avis du public ». C’est pourquoi je vous propose de laisser ici vos commentaires et suggestions pour le prochain sujet que je traiterai. Excusez moi pour les fautes et le manque d’accent mais ce clavier est… russe.

Merci d’avance

La guerre du Péloponnèse: L’expédition de Sicile


Pourquoi l’expédition de Sicile?
Un visiteur m’a fortement conseillé de traiter de cette expédition d’Athènes contre Syracuse et contre la Sicile dans son ensemble. En effet durant cette campagne se sont déroulées des batailles navales et terrestres, ce qui lui donne un intérêt particulier. Son aspect amphibien, avec des débarquements massifs de troupes sur l’île, la rend encore plus attractive. En me focalisant sur ces évènement, je passe à côté d’une foule de batailles, ce qui décevra certainement quelques passionnés de la Grèce antique, mais encore une fois je préfère m’attarder sur l’aspect tactique, plutôt que sur la guerre et l’histoire dans son ensemble.        

Les faits:        

Au départ cette campagne était une réponse à l’aide demandée par la ville de Ségeste (Ouest de la Sicile), contre Sélinonte (Sud de la Sicile). Avant d’aller plus loin, il est important de rappeler qu’Athènes avait subi une épidémie de peste, déclenchée par une surpopulation et une hygiène déplorable, et qui avait eu raison d’un tiers de sa population, dont leur guide et grand stratège: Periclès. Cette perte laisse la cité sans stratège d’expérience capable de mener cette guerre dans les intérêts d’Athènes. C’est donc Alcibiade, un jeune commandant, qui fera tout pour convaincre les Athéniens de partir en campagne en Sicile. Il les séduira grâce à la grande richesse que symbolisait Syracuse et la catastrophe que sa conquête représenterait pour Sparte: la perte d’un grand fournisseur en grain, et un contrôle quasi total de la mer par Athènes.         

  C’est donc en 415 avJ.-C. que l’expédition prend la mer, avec une flotte de 134 navires (en plus les 130 navires de ravitaillement) transportant 27 000 hommes, dont plus de 5 000 hoplites (2 200 Athéniens), et sous le commandement d’Alcibiade,  Lamachos et Nicias (lui était contre cette expédition).  Malgré le peu d’importance que les grecs accordaient aux troupes auxiliaires, 480 archers, 700 frondeurs, 120 autres troupes légères, et 30 cavaliers furent embarqués. Ce n’est donc pas une flotte de soutien qui quitte la Grèce, mais une véritable force d’invasion.        

Expédition de Sicile

Expédition de Sicile

  

  Un évènement majeur de cette campagne et le scandale qui avait discrédité Alcibiade à Athènes. Il aurait été impliqué dans une affaire de sacrilège, et devait être rapatrié dans la cité pour être jugé. Il s’exila, et rejoindra plus tard les forces de Sparte, les préviendra de l’attaque et les guidera contre Nicias et Lamachos.           

Le corps expéditionnaire était divisé en trois parties, une pour chaque commandant. Trois navires avaient été envoyés en éclaireur, pour obtenir du soutien dans l’ouest de la Sicile. Lorsqu’ils revinrent, les éclaireurs apprirent aux généraux que Ségeste n’avait pas l’or promis, et nécessaire à la campagne. La tête de pont Athénienne est installée à Catane. C’est à ce moment qu’Alcibiade est arrêté, et qu’il prend la fuite vers Sparte. L’armée est redivisée en deux parties, et les généraux décident de ne pas lancer de bataille décisive tout de suite, car l’hiver est proche. Ils organisent tout de même un assaut pour tester l’armée de Syracuse. Les deux armées comptaient sensiblement le même nombre d’hommes, mais Syracuse possédait 1 200 cavaliers. Les rangs de Nicias et Lamachos étaient organisés comme ceci:
-Les Athéniens, formant la plus grande partie des troupes, étaient au centre.
-Le flanc droit était occupé par les Argiens et les Mantinéens
-Le flanc gauche était composé du reste des alliés d’Athènes.
Les défenseurs étaient composés des troupes de Syracuse et de Selinonte, ainsi que leur puissante cavalerie. Les deux généraux athnéniens lancèrent l’assaut contre les rangs ennemis, et rencontrèrent une plus forte résistance que prévu. Les troupes d’Argos  pénétrèrent l’aile gauche du dispositif ennemi, et ce dernier pris la fuite. La cavalerie syracusienne empêcha cependant aux attaquants d’exploiter cette victoire. Cette première escarmouche fit 260 morts dans les rangs de Syracuse, pour moins d’une cinquantaine d’Athéniens. Les attaquants se retranchèrent à Catane pour l’hiver.           

Hermocrate, un stratège de Syracuse, suggéra de réorganiser l’armée, et notamment de réduire le nombre de commandants; sur les quinze chefs de guerre, trois furent élus pour la défense de la ville: Héraclide, Sicanus et lui-même. Il envoya quérir de l’aide à Sparte et Corynthe. Athènes envoya aussi des renforts à ses troupes, à savoir 5 000 nouveux hoplites, 250 cavaliers, des troupes légères et 73 navires de guerres. De l’argent envoyé permettra de payer 400 cavaliers siciliens.Une alliance fut conclue entre Syracuse et Camarina, une cité du sud de l’île.
C’est aussi le moment idéal pour ériger des murs et des forteresses, et les deux protagonistes ne s’en priveront pas. Les murs athéniens, avec le blocus maritime, empêchent Syracuse de rejoindre ses alliés du sud, la cité étant située sur une presqu’île. La forteresse athénienne qui devait former la jonction entre les deux murs enfermant syracuse était réputée pour sa forme circulaire. Syracuse a tout tenté pour empêcher sa construction, mais une escarmouche entre les cavaleries ennemies donneront raison aux Athéniens.           

Le siège de Syracuse

Le siège de Syracuse

  

 Sur cette carte on voit deux positions possibles d’une ville nommée Trogilos. Si on ne sait pas réellement où se trouvait cette ville, c’est qu’il n’en reste plus aucun vestige depuis des siècles. Cette ville de Trogilos devait être l’extrémité nord du mur athénien sensé enfermer Syracuse. Mais cette dernière ne s’est pas laissé faire, elle a érigé tout un système de murs juste au nord, et un contre-mur barant la route de Trogilos. Une flotte de Corynthe arrive dans les mêmes délais.       

Les renforts que Hermocrate espérait arrivent à Himera, au nord de la Sicile, sous le commandement de Gylippe. C’est d’ailleurs grâce à ses hommes que le contre-mur pourra être achevé. Nicias, frustré par une guerre qui ne balance pas en sa faveur, demande à Athènes de choisir entre rappeler les troupes ou envoyer des renforts. Espérant être rappelé, il est déçu lorsque la cité lui envoie des troupes, sous le commandement de Démosthène et Eurymédon. Ce dernier arrive en premier avec 10 navires, et Démosthène arrive plus tard avec 63 navires et encore 5 000 hoplites, avec lesquels il va tenter une attaque de nuit, qui passera le mur syracusien, mais qui sera tout de même repoussée par les renforts spartiates. Ce fut l’une des dernières tentatives  de pénétration dans la ville, car après l’arrivée massive d’autres renforts spartiates, Nicias décida qu’il était temps d’abandonner l’île et de rentrer. Cette décision à été influencée par la trahison d’Alcibiade, qui avait conseillé aux Spartiates d’envahir la Décélie, car Athènes ne s’en remettrait pas. Sparte suivit ce conseil, et Athènes se retrouva dans une situation de crise, qui précipitera sa défaite.

La guerre du Péloponnèse: contexte et résumé


 

Bref résumé du contexte politique et militaire:         

Carte du Péloponnèse

Carte du Péloponnèse

  

Il est tout d’abord nécessaire de savoir que cette guerre opposa les cités d’Athènes, visible au nord-est de la carte, et Sparte, au sud du Péloponnèse. Tout oppose Athènes et Sparte, la première étant une démocratie et une puissance marchande, dotée d’une incroyable flotte de guerre;  la seconde étant une oligarchie, avec un nombre limité de citoyens qui vivaient au crochet de leurs Hilotes, des populations asservies par les Spartiates et dont ils étaient totalement dépendants. Sparte était réputée pour l’efficacité de ses fantassins.        

Ces cités se harcèlent l’une et l’autre durant la première moitié du Vème siècle av. J.-C., et décident en 446 av. J.-C. de conclure une paix de 30 ans. Cette paix sera brisée 15 ans plus tard, en 441 av. J.-C., avec l’éclatement de la guerre du Péloponnèse. Cette guerre est provoquée lors du soulèvement de Corcyre, une cité sous la tutelle de Corynthe, qui est soutenue par Athènes. Ce renversement empêche Mégare de commercer (à l’ouest de l’Attica sur la carte). C’est ainsi que Corynthe et Mégare demandèrent de l’aide à Sparte, qui se laissa convaincre et entra en guerre contre Athènes.        

Sparte et ses alliés étaient incontestablement plus puissants d’Athènes, les chiffres parlent d’eux mêmes: 40 000 hoplites pour Sparte et environ 13 000  du côté d’Athènes. La cité démocrate allait devoir se distinguer sur les mers, grâce a sa puissante flotte, avantage majeur qu’elle avait sur Sparte.       

L’organisation des troupes:        

Il faut savoir que les guerres qui opposaient les grecs suivaient des règles et des tactiques qui, de nos jours, peuvent paraître étranges et inefficaces. Les combats ne se déroulaient que sur de vastes plaines, tout simplement parce que le soldat type de l’époque est l’hoplite. Ces hoplites sont lourdement armés, et il est impossible de les manoeuvrer en terrain accidenté. C’est donc sur les plaines entourant les cités que combattaient les grecs. Les combats se voulaient décisifs et uniques, car la plupart des soldats étaient paysans, et devaient retrouver leurs terres lors des récoltes. Les armées se déplaçaient entre cités par de petits chemins de terre, ceux qu’empruntaient les bergers avec leurs troupeaux.  On voyait donc défiler des milliers d’hommes sans pour autant chercher à exploiter cette faiblesse passagère, en déployant des contingents de fantassins légers pour harceler les hoplites désavantagés par le terrain accidenté. Cette attitude est explicable par le fait que les cités grecques considéraient les armées professionnelles comme un danger pour elles-mêmes. En effet les hoplites étaient tous des citoyens qui possédaient leur propre matériel de guerre, une armée professionnelle signifierait des troupes entraînées, encadrées par des officiers compétents et surtout équipées en armes par la cité. Qui dit stock d’armes dit danger pour la cité. Du moins, c’était à l’époque le point de vue des grecs.
        

La phalange grecque

La phalange grecque

  

Les hoplites étaient organisés en phalanges, des formations compactes de huit ou douze rangs de profondeur et plus ou moins douze de largeur suivant les époques. Les hoplites étaient équipés d’une lance tenue en main droite pouvant mesurer jusqu’à six mètres de long. Durant la guerre du Péloponnèse, ces lances mesuraient le plus souvent quatre mètres, et se tenaient au dessus de la tête, pour attaquer de haut en bas lors du choc, mais de futures modifications seront apportées et les lances, devenues trop lourdes, se porteront sous le bras. Au bras gauche, ces soldats portaient un bouclier rond qui couvrait son flanc gauche et le flanc droit de son voisin. C’est pour cela d’ailleurs que les phalanges avaient tendance à se décaler légèrement sur leur droite pendant la marche, chaque hoplite cherchant à se couvrir sous le bouclier de son voisin. Les trois rangs composés des vétérans et des soldats d’élite était situés aux deux premiers rangs, pour encourager les novices au combat, et au dernier, pour les empêcher de fuir.      

Les troupes légères étaient considérées comme inférieures et n’ayant pas la noblesse des hoplites, elles étaient souvent composées des esclaves personnels des soldats. Ces voltigeurs pratiquaient une méthode de harcèlement par armes de jet sur les flancs ennemis.

Mogadiscio: analyse des faits


Ayant pris connaissance du contexte et d’un bref résumé des opérations du 3 et 4 octobre 1993, nous pouvons nous pencher sur une petite analyse du déroulement de celles-ci.

Le combat en milieu urbain est très difficile à appréhender, surtout si la population est hostile aux troupes déployées, et encore plus lorsque la famine, la propagande et la libre circulation des armes sont monnaie courante. On ne peut pas réellement parler de percée dans un tel cas, on préférera le terme d’infiltration. C’est donc par le biais d’une infiltration héliportée que les troupes chargées de la capture des cibles sont larguées dans la zone à exploiter.

Le convoi pénètre dans le dispositif hostile par de grands axes, mais doit emprunter des routes secondaires pour accéder au bâtiment cible, et pire encore lors du sauvetage du premier crash, car l’itinéraire ne passe que par de minuscules voies endommagées et idéales pour tendre une embuscade aux blindés légers. De plus, les pilotes chargés de la transmission des ordres et du guidage du convoi ont été peu efficaces lorsqu’il a fallu diriger ce dernier vers le site du crash.

Le commandement a pris à la légère le rôle que la population pouvait jouer dans le déroulement de la mission. Le premier signe qui le montre est la stupéfaction des chefs lors du décès du Sergent Dominick Pilla, mitrailleur dans un convoi de trois humvees, qui avait pour objectif d’extraire le soldat Todd Blackburn, qui avait fait une chute de 10 mètres en ratant sa sortie d’hélicoptère. La surprise empire lors du crash de Super 6-1, avec la perte des deux pilotes de l’appareil. L’effet de cette surprise est atténué, non pas grâce à la prévoyance du commandement, mais surtout grâce à une réaction rapide qui trouve son origine dans l’entraînement intensif et répété des forces spéciales américaines. C’est lors du second crash, celui de Super 6-4, que la surprise est totale. Ce qui le montre est le manque de réserves disponibles pour le sauvetage des rescapés.

Deux tireurs d’élites ont pris l’héroïque décision d’être héliporté près du site du second crash, décision qui, et ils le savaient, leur a coûté la vie. Le commandement avait par deux fois refusé ce sauvetage désespéré, avant de délivrer l’ordre de défendre le secteur. Personne ne se faisait d’illusion sur l’issue de ce sauvetage, mais un tel sacrifice a eu sur le moral des autres troupes encerclées un effet non négligeable. Ce genre d’action a dans le passé changé l’issue de bien des batailles.

Une des résolutions prises pour pallier à cette réaction soudaine des forces somaliennes a été l’envoi de blindés lourds pour soutenir et extraire les forces en présence. Mais elle n’interviendra qu’en fin de mission.

Il est important de savoir que la mission Irene était initialement prévue pour durer 30 minutes, et que le commandement n’a pas fourni à Garrison tout les moyens qu’il avait demandé. Il souhaitait un appui aérien avec un gunship, et une escorte blindée (finalement, tout ce qui manquait a cette mission), mais le conseil qui finançait les opérations lui a refusé. De nos jours les moyens ne manquent pas, mais les budgets sont restreints.